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Pellevoisin, modeste village berrichon, a eu
le même privilège que Lourdes ou Fatima : recevoir la visite de la Vierge Marie.
Nous sommes en 1875. Une jeune femme de
trente deux ans, Estelle Faguette, est alors atteinte d'une maladie incurable.
Avec un cœur d'enfant, et dans un élan de grande confiance, Estelle a l'idée
d'écrire une lettre à la Sainte Vierge pour lui demander d'intercéder auprès
de son divin Fils en vue d'obtenir sa guérison.
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En "réponse" à cette lettre,
la Vierge Marie lui apparaît cinq fois en février 1876. Marie se tient près
d'Estelle, la réconforte et l'aide dans sa marche vers Pâques. Marie lui dit :
"Je suis toute miséricordieuse" et Estelle découvre combien elle est
aimée. Et le 19 février,
après la cinquième apparition, Estelle est guérie...
De juillet à décembre 1876, Marie fait
à Estelle la grâce de dix nouvelles apparitions et lui fait connaître son désir
de voir les fidèles porter le scapulaire du Sacré-Cœur, c'est-à-dire se revêtir
de l'amour du Cœur de Jésus et devenir apôtres de la miséricorde. |
Estelle Faguette mènera par la suite une
vie toute remplie d'humilité et de prière. C'est dans une paix totale et dans
la certitude de retrouver Marie, Mère de Miséricorde, qu'elle remettra son âme
à Dieu le 23 août 1929, à 86 ans.
Dès 1877, la chambre où Estelle fut guérie
fut transformée
en chapelle et les pèlerinages furent autorisés. Depuis les pèlerins viennent
du monde entier y prier Notre-Dame de Miséricorde.
La guérison d'Estelle Faguette a été
officiellement déclarée miraculeuse en 1983, par Mgr Paul Vignancour, archevêque
de Bourges.
Et aujourd'hui, les
pèlerins sont bienvenus au sanctuaire de Pellevoisin, pour un temps de
prière de quelques heures ou de quelques jours.
Ils peuvent :
-
aller prier dans la chapelle des apparitions, et dans l’Eglise du village.
-
rencontrer un prêtre.
-
profiter du grand parc mis à la disposition des pèlerins.
-
prier le chemin de croix (dans le parc).
-
aller se recueillir au cimetière de Pellevoisin sur la tombe d’Estelle
Faguette.
- faire des
achats à la boutique (livres, médailles, scapulaires).
- et aller en
pèlerinage à la grotte de Montbel (4 Km, à pied ou en voiture).
Au cours de leur
séjour, les pèlerins peuvent également profiter des activités proposées par le
programme des frères et sœurs de la communauté St Jean (messe à 11h30 tous les
jours, adoration, offices, conférences, retraites, …) : voir pages "programme et
activité".
Pour les logements
et les repas, prendre contact avec le sanctuaire (tél 02 54 39 06 49, ou
sanctuaire@pellevoisin.net).
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extraits du récit
des quinze apparitions
par Estelle Faguette
PREMIERE APPARITION
Nuit du lundi 14 au mardi 15 février 1876
Je cherchais à me reposer, quand tout à coup apparut le
diable au pied de mon lit… A peine était-il arrivé que la Sainte Vierge apparut
de l’autre côté, dans le coin de mon lit… Elle lui dit sèchement :
« Que fais-tu là ? Ne vois-tu pas qu’elle porte ma livrée et celle de mon Fils ?
»
Il disparut en gesticulant.
Alors elle se retourna vers moi et me dit doucement :
« Ne crains rien, tu sais bien que tu es ma fille ? ».
…« Courage , prends patience ; mon fils va se laisser toucher. Tu souffriras
encore cinq jours, en l’honneur des cinq plaies de mon fils. Samedi, tu seras
morte ou guérie. Si mon Fils te rend la vie, je veux que tu publies ma gloire. »
Aussitôt je vis entre elle et moi une plaque de marbre blanc que je reconnus
pour être un ex-voto. Je luis dis : Mais ma bonne Mère, où faudra-t-il le faire
poser ? Est-ce à Notre-Dame des Victoires, à Paris ou à Pellevoi… ? Elle ne me
donna pas le temps d’achever le mot Pellevoisin. Elle me répondit :
« A Notre-Dame des Victoires, ils ont bien assez de marques de ma puissance, au
lieu qu’à Pellevoisin, il n’y a rien. Ils ont besoin de stimulant ».
… Je lui promis de faire ce qui dépendrait de moi pour sa gloire. Elle me dit
encore : « Courage, mais je veux que tu tiennes ta promesse. »
DEUXIEME APPARITION
Nuit du mardi 15 au mercredi 16 février 1876
La seconde nuit, je revis le diable… La Sainte Vierge
parut presque aussitôt que lui et elle me dit :
« N’aie donc pas peur, je suis là. Cette fois, mon Fils s’est laissé attendrir,
il te laisse la vie ; tu seras guérie samedi. »
Là-dessus je répondis : « Mais ma Bonne Mère, si j’avais le choix, j’aimerais
mieux mourir pendant que je suis bien préparée. » Alors la Sainte Vierge me dit
en souriant :
« Ingrate, si mon Fils te rend la vie, c’est que tu en as besoin. Qu’a-t-il
donné à l’homme sur la terre de plus précieux que la vie ? En te rendant la vie,
ne crois pas que tu seras exempte de souffrances ; non, tu souffriras et tu ne
seras pas exempte de peines. C’est ce qui fait le mérite de la vie. Si mon fils
s’est laissé toucher, c’est par ta grande résignation et ta patience. N’en perds
pas le fruit par ton choix. Ne t’ai-je pas dit : S’il te rend la vie, tu
publieras ma gloire ? »
Le marbre blanc était présent, et à côté, autant de papier de soie blanc qu’il y
avait d’épaisseur de marbre cela en formait une quantité. Je cherchai à soulever
quelques feuillets, cela me fut impossible. La Sainte Vierge me regardait
toujours souriant.
« Maintenant regardons le passé. » Son visage devint un peu plus triste, mais
toujours très doux… Je garde le silence sur ce que la Sainte Vierge me dit en
particulier. Je dirai seulement qu’elle me fit de graves reproches que j’avais
bien mérités… La Sainte Vierge me regarda avec bonté, puis elle disparut sans
rien dire. Combien j’avais de chagrin !
TROISIEME APPARITION
Nuit du mercredi 16 au jeudi 17 février 1876
La troisième nuit et la quatrième nuit, je revis le
diable. Il se tenait si loin que c’est à peine si je distinguais ses gestes… La
Sainte Vierge me dit :
« Allons, du courage mon enfant. »
…Elle me fit de nouveaux reproches, mais avec tant de douceur que je me suis
rassurée.
« Tout ceci est passé ; tu as, par ta résignation, racheté ces fautes. »
Elle me
fit voir quelques bonnes actions que j’avais faites. C’était bien peu de chose à
côté de mes fautes. La Sainte Vierge vit bien ma peine, car elle me dit :
« Je suis toute miséricordieuse et maîtresse de mon Fils. Ces quelques bonnes
actions et quelques prières ferventes que tu m’as adressées ont touché mon cœur
de mère entre autres cette petite lettre que tu m’as écrite, au mois de
septembre. Ce qui m’a le plus touchée, c’est cette phrase : Voyez la douleur de
mes parents, si je venais à leur manquer ; ils sont à la veille de mendier leur
pain. Rappelez vous donc ce que vous avez souffert, quand Jésus votre fils fut
étendu sur la Croix. J’ai montré cette lettre à mon fils ; tes parents ont
besoin de toi. A l’avenir, tâche d’être fidèle. Ne perds pas les grâces qui te
sont données, et publie ma gloire. »
QUATRIEME APPARITION
Nuit du jeudi 17 au vendredi 18 février 1876
La quatrième nuit a été à peu près de même que les autres.
Je revoyais chaque nuit ce qu’elle m’avais dit les fois précédentes. Cette
nuit-là, il me sembla qu’elle resta moins longtemps. Je voulais lui demander des
grâces, mais je n’ai pas pu. Mes pensées se précipitaient. Je voyais dans mon
esprit les paroles que la Sainte vierge m’avait répétées (…lors des apparitions
précédentes).
Pourquoi, pendant que la Sainte Vierge était là, qui regardait, elle qui est si
bonne et douce, n’ai-je pu rien lui demander ? Elle partit comme les autres
nuits, en me répétant :
« Tu publieras ma gloire. »
J’essayai encore de dire : Comment ; je n’en ai pas eu le temps ; elle répondit
en partant : « Fais tous tes efforts. »
CINQUIEME APPARITION
Nuit du vendredi 18 au samedi 19 février 1876
…La Sainte Vierge s’approcha au milieu de mes rideaux. Mon
Dieu comme elle était belle ! Elle resta longtemps immobile sans rien dire ;
elle se tenait au milieu d’une vapeur claire…Elle était souriante, elle me
rappela mes promesses .
Je voyais ma plaque, mais cette fois elle n’était plus toute blanche. Il y avait
au quatre coins des boutons de roses d’or, dans le haut, un cœur d’or enflammé,
avec une couronne de roses, transpercé d’un glaive. Voici ce qu’il y avait
d’écrit : "J’ai invoqué Marie au plus fort de ma misère.
Elle m’a obtenu de son fils ma guérison entière."
Je lui ai promis de nouveau de faire tout ce qui dépendrait de moi pour sa
gloire. Elle me dit : « Si tu veux me servir, sois simple et que tes actions
répondent à tes paroles. »
Je lui ai demandé si, pour la servir, je devais changer de position. Elle m’a
répondu :
« On peut se sauver dans toutes les conditions ; où tu es, tu peux faire
beaucoup de bien et tu peux publier ma gloire. »
Après un petit instant, elle me dit (à ce moment elle devint triste) :
« Ce qui m’afflige le plus, c’est le manque de respect qu’on a pour mon Fils
dans la Sainte Communion, et l’attitude de prière que l’on prend, quand l’esprit
est occupé d’autres choses. Je dis ceci pour les personnes qui prétendent être
pieuses. »
Après ces paroles, elle reprit son air souriant. Je lui ai demandé si je devais
parler de ce qu’elle m’avais dit tout de suite ; la Sainte Vierge me répondit :
« Oui, oui, publie ma gloire ; mais avant d’en parler, tu attendras l’avis de
ton confesseur et directeur. Tu auras des embûches ; on te traitera de
visionnaire, d’exaltée, de folle ; ne fais pas attention à tout cela. Sois moi
fidèle, je t’aiderai. » .
Je regardais toujours ; mes yeux la fixaient sans se fatiguer, et puis tout
doucement la Sainte Vierge s’éloignait. Je n’ai jamais rien vu de si beau. Petit
à petit elle disparaissait, il ne restait plus que la buée (douce clarté) qui
était autour d’elle, et ensuite tout disparut.
A ce moment je souffrais horriblement … Je demandai l’heure, il était minuit et
demi.
Je me sentais guérie, excepté mon bras droit, dont je n’ai pu me servir qu’après
avoir reçu le bon Dieu…
SIXIEME APPARITION
Samedi 1er juillet 1876
…J’étais à genoux devant ma cheminée, quand, tout à coup,
je vis la Sainte Vierge tout environnée d’une douce lumière, comme je l’ai déjà
vue ; seulement je la vis tout entière, de la tête au pieds.
Quelle beauté et
quelle douceur ! Son cordon de taille tombait presque au bas de sa robe. Elle
était toute blanche et se tenait debout. Ses pieds étaient à la hauteur du pavé
; seulement le pavé avait l’air d’être baissé. En la voyant d’abord, elle avait
les bras tendus, il tombait de ses mains comme une pluie.
Elle fixait quelque
chose ; puis ensuite elle prit un des ses cordons, le porta jusqu’à sa poitrine
où elle croisa ses mains. Elle souriait. « Du calme, mon enfant, patience, tu auras des peines, mais je suis là. »
Le cordon qu’elle tenait retomba…La Sainte Vierge resta encore un petit instant,
puis elle me dit : « Courage, je reviendrai. ».
SEPTIEME APPARITION
Dimanche 2 juillet 1876
Fête de la visitation de la Sainte Vierge
…Je me suis mise à genoux et j’ai récité la moitié du Je
vous salue, Marie. La Sainte Vierge était devant moi. …Elle était de même
qu’hier, la pluie tombait de ses mains, et dans le fond clair qui l’environnait,
il y avait une guirlande de roses…
« Tu as déjà publié ma gloire. »
« Continue. Mon fils a aussi quelques âmes plus attachées. Son cœur a tant
d’amour pour le mien qu’Il ne peut refuser mes demandes. Par moi il touchera les
cœurs les plus endurcis. » A ce moment, elle était si belle !
…Le papier que j’avais vu du 15 au 16 février me revint à l’esprit. Alors j’ai
dit : Ma bonne Mère, que faudra-t-il faire de ce papier ? « Il servira à publier
ces récits comme l’ont jugé plusieurs de mes serviteurs. Il y aura bien des
contradictions, ne crains rien, sois calme. »
« Est-ce que ta guérison n’est pas une des plus grandes preuves de ma puissance
? Je suis venue particulièrement pour la conversion des pécheurs. »
HUITIEME APPARITION
Lundi 3 juillet 1876
« Je voudrais que tu sois encore plus calme. Je ne t’ai
pas fixé l’heure à laquelle je devais revenir, ni le jour. Tu as besoin de te
reposer, je ne resterai que quelques minutes. »
Elle me dit souriante : « Je suis venue pour terminer la fête. » …
NEUVIEME APPARITION
Samedi 9 septembre 1876
octave de la nativité de la Sainte Vierge,
veille de la fête du Saint Nom de Marie
…Depuis plusieurs jours, j’avais le désir d’aller dans la
chambre où je fus guérie. Enfin aujourd’hui, le 9 septembre, j’ai pu m’y rendre.
Je finissais de dire mon chapelet quand la Sainte Vierge est venue.
« Tu t’es privée de ma visite le 15 août ; tu n’avais pas assez de calme. Tu as
bien le caractère du Français. Il veut tout savoir avant d’apprendre, et tout
comprendre avant de savoir. Hier encore je serais venue ; tu en as été privée.
J’attendais de toi cet acte de soumission et d’obéissance. » A ce moment je
compris très bien que si je ne m’étais pas soumise et si je n’avais pas obéi,
j’aurais été privée de la voir davantage…
« Depuis longtemps les trésors de mon fils sont ouverts ; qu’ils prient. »
En disant ces paroles, elle souleva la petite pièce de laine qu’elle portait sur
sa poitrine. J’avais toujours vu cette petite pièce, sans savoir ce que c’était,
car jusqu’alors je l’avais vue toute blanche. En soulevant cette pièce,
j’aperçus un cœur rouge qui ressortait très bien. J’ai pensé de suite que
c’était un scapulaire du Sacré-Cœur. Elle dit en le soulevant :
« J’aime cette
dévotion. » Elle s’arrêta encore ; puis elle reprit : « C’est ici que je serai
honorée. »
DIXIEME APPARITION
Dimanche 10 septembre 1876
fête du Saint Nom de Marie
Le 10 septembre, la Sainte Vierge vint à peu près à la même heure. Elle ne fit
que passer en disant : « Qu’ils prient, je leur en montre l’exemple. » En disant
cela, elle a joint ses mains, puis elle a disparu. Le coup des Vêpres sonnait.
ONZIEME APPARITION
Vendredi 15 septembre 1876
Octave de la nativité de la Sainte Vierge
« Je te tiendrai compte des efforts que tu as faits pour
avoir le calme ; ce n’est pas seulement pour toi que je le demande, mais aussi
pour l’Eglise et pour la France. Dans l’Eglise, il n’y a pas ce calme que je
désire. »
Elle soupira et remua la tête, en disant : « Il y a quelque chose. » Elle
s’arrêta. Elle ne me dit pas ce qu’il y avait, mais je compris tout de suite
qu’il y avait quelque discorde. Puis elle reprit lentement :
« Qu’ils prient et
qu’ils aient confiance en moi. »
Ensuite la Sainte Vierge me dit tristement (elle ne pleurait pas) :
« Et la
France ! Que n’ai-je pas fait pour elle ! Que d’avertissements, et pourtant
encore elle refuse d’entendre ! Je ne peux plus retenir mon fils. » Elle
paraissait émue en ajoutant : « La France souffrira. » Elle appuya sur ces
paroles. Puis elle s’arrêta encore et reprit : « Courage et confiance. »
Alors,
à cet instant je pensais en mon cœur : Si je dis ceci, on ne voudra peut-être
pas me croire ; et la Sainte Vierge m’a comprise, car elle m’a répondu :
« J’ai
payé d’avance ; tant pis pour ceux qui ne voudront pas te croire, ils
reconnaîtront plus tard la vérité de mes paroles. » Puis tout doucement elle
partit.
DOUZIEME APPARITION
Mercredi 1er novembre 1876
Fête de la Toussaint
Enfin, aujourd’hui 1er novembre, je revis cette bonne Mère
du ciel. Elle était comme toujours, les bras tendus, et portait le scapulaire
qu’elle me fit voir le 9 septembre. En arrivant, comme toujours, elle fixait
quelque chose que je ne pouvais pas voir ; puis elle regarda de tous côtés. Elle
ne m’a rien dit. Puis elle jeta les yeux sur moi et m’a regardée avec beaucoup
de bonté et partit.
Je ferai tout ce qui dépendra de moi pour votre gloire.
TREIZIEME APPARITION
Dimanche 5 novembre 1876
Vers 2 h ½, je suis allée dans ma chambre pour dire mon
chapelet et lorsque je l’eus fini, je vis la Très Sainte Vierge. Elle était
belle comme toujours. En la voyant je pensais que j’étais bien indigne de ses
grâces et que tant d’autres que moi méritaient plus que moi ses faveurs et
pouvaient davantage publier sa gloire. Alors elle me regarda et sourit en me
disant :
« Je t’ai choisie. »
« Je choisis les petits et les faibles pour ma gloire . »
Elle s’arrêta encore et me dit :
« Courage, le temps de tes épreuves va commencer. »
Puis elle croisa ses mains sur sa poitrine et partit.
QUATORZIEME APPARITION
Samedi 11 novembre 1876
…Lorsqu’elle est venue, la Sainte Vierge était comme les
autres fois, les bras tendus et avait son scapulaire. (Qu’il est donc beau,
comme il ressort sur sa poitrine !) En arrivant, comme toujours, elle resta un
bon moment sans rien dire, puis elle me regarda et me dit quelque chose pour
moi. Puis elle me dit :
« Tu n’as pas perdu ton temps aujourd’hui ; tu as travaillé pour moi. »
(J’avais fait un scapulaire.) Elle était souriante, puis elle ajouta :
« Il faut en faire beaucoup d’autres. »
Elle s’arrêta assez longtemps, et après elle devint un peu triste, et me dit :
«
Courage » Et puis elle partit, en croisant ses mains sur sa poitrine. Elle cacha
entièrement son scapulaire.
QUINZIEME APPARITION
Vendredi 8 décembre 1876
Fête de l’Immaculée Conception
Aujourd’hui après la grand-messe, j’ai revu cette douce
Mère. Elle était plus belle que jamais ; il y avait autour d’elle sa guirlande
de roses, comme au mois de juillet. En arrivant, tout d’abord, elle resta sans
rien dire comme les fois précédentes ; puis elle me dit :
« Ma fille, rappelle toi mes paroles. »
A ce moment, je les revis toutes depuis le mois de février… Parmi ces paroles,
j’en revis encore beaucoup d’autres. J’en garderai le secret. Tout ceci passa
très vite. La Sainte Vierge me regardait toujours ; elle me dit :
« Répète les souvent ; qu’elles te fortifient et te consolent dans tes épreuves.
Tu ne me reverras plus. »
Alors je me suis mise à crier : Qu’est-ce que je vais devenir sans vous ma Bonne
Mère ? La Sainte Vierge m’a répondu :
« Je serai invisiblement près de toi. »
Je voyais à cet instant, dans le lointain, à gauche, une foule de gens de toute
sorte ; ils me menaçaient et faisaient des gestes de colère. J’avais un peu
peur. La Sainte Vierge souriait ; elle me dit :
« Tu n’as rien à craindre de ceux-ci. Je t’ai choisie pour publier ma gloire et
répandre cette dévotion. »
La Sainte Vierge tenait son scapulaire des deux mains. Elle était si
encourageante, que je lui dis : « Ma bonne Mère, si vouliez me donner ce
scapulaire ? » La Sainte Vierge n’eut pas l’air d’entendre. Elle me dit en
souriant :
« Lève toi et baise le. » Oh ! alors je me suis levée vivement. La Sainte Vierge
se pencha vers moi et je l’ai baisé. Ce fut pour moi un moment de délices. Puis
la Sainte Vierge se releva, et me dit, en parlant de son scapulaire :
« Tu iras toi-même trouver le Prélat, et lui présenteras le modèle que tu as
fait. Dis-lui qu’il t’aide de tout son pouvoir, et que rien ne me sera plus
agréable que de voir cette livrée sur chacun de mes enfants, et qu’ils
s’appliqueront tous à réparer les outrages que mon fils reçoit dans le sacrement
de son amour. Vois les grâces que je répands sur ceux qui le porteront avec
confiance et qui t’aideront à le propager. »
En disant ceci, la Sainte Vierge étendit ses mains ; il en tombait une pluie
abondante, et dans chacune de ces gouttes, il me semblait voir les grâces
écrites telles que : piété, salut, confiance, conversion, santé ; en un mot
toutes sortes de grâces plus ou moins fortes. Puis la sainte Vierge ajouta :
« Ces grâces sont de mon fils ; je les prends dans son Cœur ; il ne peut me
refuser. »
Alors je dis : ma bonne Mère, que faudra-t-il mettre de l’autre côté de ce
scapulaire ? La Sainte Vierge me répondit :
« Je le réserve pour moi ; tu soumettras ma pensée, et l’Eglise décidera. »
Je sentais que cette bonne Mère allait me quitter et j’avais du chagrin. Elle
s’élevait doucement ; elle me regardait toujours, et me dit :
« Courage. S’il ne pouvait t’accorder tes demandes (la Sainte Vierge parlait du
prélat), et qu’il s’offre des difficultés tu irais plus loin. Ne crains rien, je
t’aiderai. »
Elle fit le demi-tour de ma chambre, et disparut à peu près où était mon lit.
Mon Dieu, que j’avais de la peine ! Merci, ma bonne Mère, je ne ferai rien sans
vous.
N.B. : Pour avoir le récit complet des apparitions,
vous pouvez acheter le livre "Estelle nous parle"
au sanctuaire Notre Dame de Pellevoisin.
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